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Portrait de M. Alain Fortin 

23 juin 2022
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45 ans comme mineur chez Niobec

Alain Fortin, retraité chez Niobec depuis mai 2022

Avec ses 45 années au sein de Niobec, M. Alain Fortin détient le record d'ancienneté de l’histoire de l’organisation dans le département sous terre. À quelques jours de sa retraite, il nous parle de sa carrière dans le secteur minier.

M.  Alain Fortin a rejoint la mine Niobec en 1976, au tout début du démarrage de la production. Située à Saint-Honoré au Saguenay–Lac-Saint-Jean, cette mine est la seule exploitation souterraine de niobium dans le monde. Dynamique, travaillant et efficace, il est une ressource inestimable pour la mine. D'une grande gentillesse et fort de sa longue expérience en tant que mineur, il a toujours été généreux de son temps et disponible pour former la relève. Pour souligner son départ à la retraite en mai 2022, après presque cinq décennies passées chez Niobec, l’Institut national des mines a voulu retracer ses souvenirs professionnels et mettre en lumière sa perspective sur l’évolution de la pratique.

 

1. Enfant, quel métier rêviez-vous d’exercer?

J’ai tout d’abord suivi les traces de mon père et j’ai commencé à travailler comme bûcheron. Depuis mon jeune âge, le secteur minier m’a toujours intéressé.

 

2. Où avez-vous grandi?

Je suis né au Bas-Saguenay où j’ai vécu jusqu’à l’âge de 16 ans. Par la suite, je me suis marié et j’ai déménagé à Saint-Honoré.

 

3. Quelle a été votre première expérience de travail chez Niobec?

J’ai commencé comme aide-mineur, pour rapidement devenir mineur.

 

4. Comment avez-vous entendu parler de la mine? Comment y avez-vous obtenu un emploi ?

Un jour, j’ai décidé d’aller cogner chez le patron de Niobec afin de lui manifester mon intention de travailler pour la compagnie. Je n’avais pas froid aux yeux et je voulais faire mon chemin! Il m’a invité à prendre un café chez lui et nous avons discuté. Croyez-le ou non, deux semaines plus tard, je recevais un appel m’annonçant que je commençais à la mine comme aide-mineur! Il faut savoir croire en soi et foncer dans la vie!

 

5. Vous avez été au service de Niobec pendant 45 années, ce qui fait de vous l’employé qui a travaillé le plus longtemps au sein du département sous terre de la mine. Qu’est-ce qui vous a le plus impressionné par rapport à l’évolution du secteur minier au cours de votre carrière? Qu’est-ce qui a le plus changé dans votre métier?

Surtout durant les premières années de mise en exploitation, le travail dans les mines a été une activité comportant plusieurs dangers. Par la suite, l'industrie minière est devenue plus technologique; le travail est maintenant moins physique, du moins pas autant qu'on peut l'imaginer. 

6. Quel est votre meilleur souvenir au sein de la mine? Avez-vous des anecdotes à nous raconter?

Les équipes de sauvetage minier ont vu le jour à la suite de l'incendie qui a fait 12 morts à la mine East Malartic, en 1947. Depuis maintenant 50 ans, les mines rivalisent entre elles pour connaître la meilleure équipe du Québec. Les meilleures équipes de la province s’affrontent. L'équipe qui gagne, c'est très important, c'est un peu comme gagner une coupe au hockey dans la Ligue nationale. J’ai pris part à plusieurs compétitions de sauvetage minier, mais je vais toujours me rappeler la première que Niobec a gagnée à Val-d’Or! D’ailleurs, j’ai encore tous mes trophées chez moi en guise de souvenir.

 

Les principes de base du sauvetage minier n’ont pas changé. C’est plutôt le côté technique qui a évolué. Au départ, les épreuves étaient plus physiques. Avec les années, l’arrivée des directeurs des opérations de sauvetage au Service du sauvetage minier, l’évolution des programmes de formation et l'apparition de nouveaux équipements sur le marché ont fait en sorte que c’est devenu de plus en plus technique.

7. Qu’avez-vous le plus apprécié de Niobec?

L’esprit d’équipe entre travailleurs! De plus, nous sommes vraiment bien traités chez Niobec.

8. Si vous deviez résumer en un mot votre carrière chez Niobec, lequel serait-ce?

Carrière passionnante et remplie de belles rencontres.

 

9. Avez-vous des conseils à donner à la nouvelle génération de professionnelles et professionnels?

La santé et la sécurité sont au cœur du métier de mineur. Le passage de la théorie à la pratique est tout un défi pour les nouveaux travailleurs.

10. En rétrospective, est-ce que ce métier vous a apporté ce que vous cherchiez?

Absolument, je n’ai jamais eu de difficulté à me lever le matin pour aller au travail.

11. Quel a été le moment le plus difficile de votre carrière ?

Sans aucun doute, le moment où j’ai subi des blessures à mes deux épaules. Cette période a été particulièrement difficile non seulement physiquement, mais aussi mentalement. J’ai été en arrêt de travail pendant presque deux ans et je me suis fait opérer. Par la suite, je n’ai pas pu recommencer le métier de mineur, mais la mine m’a offert de devenir concierge afin de me permettre de travailler.  

12. De quoi êtes-vous le plus fier d’avoir accompli?

D’avoir atteint mes 45 ans de service! Ce n’est pas rien!

13. Quelle rencontre professionnelle a été votre coup de cœur?

Ma rencontre avec mon collègue Jacquelin Bouchard, qui est devenu mon meilleur ami. Je m’en souviendrai toute ma vie! Après tout, on passe plus de temps avec ses collègues qu’avec sa famille. On partage des moments de complicité, de solidarité et d’humour. Aujourd’hui, je ne l’imagine pas hors de ma vie!

14. Y a-t-il quelqu’un que vous considériez comme votre mentor ou une personne qui a particulièrement influencé votre carrière?

Mon collègue Jacquelin a influencé ma carrière de façon positive.

15. Vous allez bientôt prendre votre retraite, qu’est-ce qui va le plus ou le moins vous manquer?

Je vais m’occuper, j’ai déjà effectué du bénévolat : j’ai été bénévole au Grand défi Pierre Lavoie. Je vais sans aucun doute m’ennuyer de mes collègues de travail.

 

 

Alain Fortin, retraité chez Niobec depuis mai 2022
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